Prévention et prévision des séismes

Bilan humain et économique du séisme de Kobe

Bilan humain 

Morts : 6432

Blessés : 43 792 dont blessés graves : 8782 et 35 010 blessés légers

Disparus : 3

Les dommages : 721 667 bâtiments ayant subis des dommages allant de petites fissures jusqu’à une destruction complète.

Voies et réseaux :

A.   10 069 routes endommagées

B.   320 ponts endommagés

C.   378 glissements de terrain

D.   1480 effondrements de murs

E.   Coupures :

a-   d’eau : 1 300 000 foyers

b-   de gaz : 860 000 foyers

c-   de courant : 2 600 000 foyers

d-   de téléphone : 300 000 lignes

 

Le montant total de pertes a été estimé à 100 milliards de dollars d’après les experts, soit 5% du PIB brut du Japon.

 

 

Qu’est-ce qui a aggravé le séisme de Kobe ?

 

Le Japon est un pays très sensibilisé aux séismes étant donné que ceux-ci sont fréquents dans l’archipel mais Kobe est un peu un « cas à part » car les experts ne prenaient pas en compte sérieusement le risque sismique à Kobe et c’est ce qui a aggravé les conséquences du séisme.

Un séisme d’une telle ampleur n’était pas attendu à Kobe pourtant les failles étaient connues, et de tels séismes s’y produisaient tous les 500 ans. Mais l’attention des experts était portée sur les séismes de subduction qui menacent Tokyo.

De plus, avant le séisme, les Japonais étaient convaincu que le Japon disposait de technologies et d’une organisation suffisamment préparées pour faire face à un évènement de cette ampleur.

Les habitants de Kobe n’étaient pas aussi bien préparés que les tokyoïtes. Il y avait une absence d’un programme de planification de la situation de crise.

L’organisation des secours a été rendue très difficile à cause de la destruction des voiries (routes, ponts,…). En vingt secondes, « l’invulnérabilité » du Japon s’est éteinte, et la confiance aveugle des habitants envers leur pays aussi.

 

 

 

La prévision des séismes

 

La prévision des séismes peut se faire à différentes échelles de temps, du court terme au long terme ; les méthodes de prédiction diffèrent selon ces échelles. Le court terme doit déterminer exactement les caractères d’un séisme presque imminent, alors que l’approche à long terme fonctionne essentiellement sur des probabilités.

 

1/ A court terme :

Une prévision à court terme est complexe puisque le but est de déterminer à la fois le lieu, l'instant et a magnitude du séisme. Une telle prévision repose sur l'existence de signes précurseurs. Voici des exemples:

·        Le premier est l’exemple de l’étude de la concentration en radon (gaz radioactif) des eaux souterraines proches d’une faille active. Il a été établit de façon formelle qu’il existait une relation ente la teneur en radon et l’activité sismique car sa concentration varie en fonction de la nature du sol ou encore des variations météorologiques. On a alors observé que la teneur en radon augmentait dans les eaux à l’approche d’un séisme, vraisemblablement à cause des frictions dans la roche.

·         La deuxième méthode est d’étudier le niveau de l’eau dans les puits ou les nappes phréatiques et mais cette méthode s’est avérée inefficace car ces paramètres varient même alors qu’aucun séisme n’a eu lieu ou alors ne varient pas dans des régions pourtant soumises à de grands risques sismiques.

·         Une des méthodes les plus suivies actuellement est d’observer le comportement des animaux car cette méthode ne nécessite pas de grandes installations et peut donc être suivie par la population en plus des scientifiques et des chercheurs. En effet, lors du séisme dans la province du Sichuan en Chine, des milliers de batraciens (principalement des crapauds) ont fui la région peu avant le séisme. D’autres évènements similaires se sont produits auparavant et qui ne concernaient pas seulement des séismes mais aussi de tempêtes, ou encore de tsunamis…

 

2/ A moyen terme :

·         On peut étudier l’inclinaison du sol ou les mouvements de terrain mais cette méthode est soumise aux mêmes problèmes que celle consistant à étudier le niveau de l’eau.

·         Une autre approche plus efficace consiste à analyser les déformations du sol et de l’écorce terrestres dues à leur compression.

 

3/ A long terme :

·         La méthode la plus « simple » pour étudier le risque à long terme consiste à étudier la récurrence des séismes en un lieu précis ainsi que leur périodicité dans le temps. Cette périodicité est expliquée par la théorie générale de la tectonique des plaques. (Cela a été fait à Kobe mais n’a pas été vraiment considéré). Ainsi, on peut définir ce que l’on appelle l’aléa sismique (l’occurrence des séismes à un endroit donné).

carte des principaux séismes au Japon

 

La méthode VAN : Cette méthode doit son nom à ses inventeurs grecs (Varotsos, Alexopoulos et Nomincos). Elle a été mise au point durant les années 80 et consiste à enregistrer les courants électriques naturels circulant dans le sous-sol. Ces scientifiques ont constaté des anomalies dans ces courants électriques quelques heures avant le séisme. Mais cette méthode, tout comme les autres, ne fonctionne pas tout le temps.

 

Aucune des ces méthodes n’est sure à 100%, c’est pourquoi elles sont le plus souvent couplées afin d’en augmenter la véracité. Mais aucune méthode ne permet encore de prédire avec exactitude de prédire l’endroit, le moment, les dégâts et l’intensité des séismes. Ainsi la prévention reste plus efficace que la prévision. Les scientifiques et les chercheurs s’accordent en revanche au fait qu’un séisme d’une grande importance se profile, le « BIG ONE ».

 

L’attente du « Big One »

 

Le « Big One » est un grand séisme de magnitude supérieure ou égale à 7,5 sur l’échelle de Richter. Les scientifiques ne s’accordent pas tous sur le lieu supposé de ce séisme qui pourrait être très meurtrier. En effet, certains pensent qu’il aura lieu sur la côte ouest des Etats-Unis (la faille de San Andréas) tandis que d’autres le voient plutôt se diriger vers le Japon et plus précisément Tokyo. La Californie a déjà connu un « Big One » en 1857. Dans tous les cas, un « Big One » n’aura pas seulement des conséquences sur une région mais sur toute la planète à cause de a grande quantité d’énergie libérée.

 

La prévention des séismes

 

Le tremblement de terre n’est pas directement la cause des pertes humaines, les responsables sont les évènements qui en découlent comme les incendies ou bien  la chute des constructions. Ce fut exactement la cause des 6400 morts du séisme de Kobe. Il peut aussi s’agir plus exceptionnellement de raz-de-marée… 

 

Quels sont les comportements dangereux qu’ont eu les habitants de Kobe durant et après le séisme ?

Les chutes de mobilier à l’intérieur des habitations ont causé de nombreux blessés.

Les gens, voulant rassurer leurs proches, ont surchargé le réseau téléphonique empêchant les appels importants ce qui a provoqué une grande confusion.

Des habitants ne sont pas sortis avec des objets important de leur maison, tels que de l’argent, de l’eau et de la nourriture, des papiers d’identité…

22 % seulement des rescapés du séisme ont déclarées avoir été sensibilisées à une catastrophe d’une telle ampleur (à Tokyo, les gens étaient mieux préparés).

Que faire avant, pendant et après un séisme ?

 

Avant : S’informer sur le risque sismique dans sa région. Participer aux exercices de simulations de tremblements de terre (au Japon, les habitants participent régulièrement à des exercices de prévention antisismiques, tout comme en France où ce sont des exercices d’alerte incendie sauf dans le sud où il y aussi des exercices antisismiques).

 

Pendant :

Il ne faut pas se précipiter dehors.

Mettez vous sous une table ou un bureau. Couvrez vous la tête avec des coussins ou des journaux, pour vous protéger des chutes d’objets.

Quelque soit l’ampleur du tremblement de terre, les secousses violentes ne durent généralement pas plus d’une minute. Il est important de rester calme pendant toute la durée des secousses.

 Il faut fermer rapidement les éventuelles sources d’incendies comme le gaz. La menace d’incendie est ce qu’il y a de plus effrayant durant un tremblement de terre. Près de 100.000 personnes sont mortes du fait des incendies lors du grand tremblement de terre du Kantô (en 1923).A Kobe, de nombreux dégâts ont été causés par des incendies. Si un incendie se déclare, il est important de le maitriser rapidement seul avec l’aide des occupants et/ou des voisins avec un extincteur, une couverture ou des draps mouillés...

Il faut également veiller à fermer tous les compteurs électriques qui peuvent aussi provoquer un incendie.

Suivre les informations données par des dépliants ou autres supports d’information.

Si l’on est en train de conduire, il faut arrêter immédiatement et se garer.

 

Après : Se tenir au courant des dernières informations en prenant garde qu’elles soient fiables car des rumeurs peuvent entrainer une panique générale.

 

Les constructions parasismiques

 

L’objectif des constructions parasismiques est de sauver le maximum de vies humaines en évitant que des bâtiments s’effondrent sur les occupants. Le fait est que même si l’on arrive à prédire un séisme ce qui est peu probable, on n’empêchera pas la destruction des habitants et les pertes humaines. C’est pourquoi, au Japon, des normes parasismiques sont en place afin que les nouveaux bâtiments soient soumis aux normes et que l’on essaye de renforcer également les anciens bâtiments (ce qui n’est le cas généralement que des bâtiments officiels appartenant à l’Etat).

Les bâtiments « souples » peuvent absorber les déformations du sol. A l’inverse, les parois en béton d’un bâtiment rigide peuvent rester intactes si elles sont bien solides mais peuvent aussi s’écarter provoquant du même coup l’effondrement des planchers. C’est pourquoi on privilégie les bâtiments disposant d’une forme simple, avec une disposition symétrique. On peut aussi interposer de grandes plaques isolantes entre les fondations et la structure du bâtiment ou encore entre deux constructions afin d’éviter un « effet domino ».

Une bonne construction ne fait pas tout, il faut également savoir où construire et éviter les vallées, les flancs de montagne ou les régions situées à côté de grand points d’eau. La composition du sol est également importante. En effet, un sol meuble (sablonneux par exemple) est susceptible de se « liquéfier » sous l’effet des vibrations et devenir incapables de soutenir la construction, un sol dur est donc préférable mais on peut aussi installer des remblais artificiels. Evidemment, ces renforcements, installations et autres ont un coût que le Japon peut assurer mais que les pays pauvres ne peuvent assumer.                                                    

Heureusement, il existe quelques petites astuces comme installer des ossatures en bois, traiter les matériaux et la structure contre le pourrissement mais le problème n’est pas là ; lorsque qu’une catastrophe arrive, les premiers touchés sont les plus pauvres.

  

Reconstruction d'un immeuble selon les normes parasismiques à Kobe. L'armature est constituée de poutres métalliques verticales reliées entre elles par des poutres obliques qui donnent à la construction toute sa cohésion. Le tout est solidement ancré dans le sol pour éviter que l'immeuble ne bascule suite aux phénomènes de liquéfaction du sol.

 

 

 

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